M. Dumont refuse de se laisser démonter par les sondages et se dit persuadé que l'électorat jugera durement le gouvernement le moment venu.
"Le gouvernement libéral a réussi à passer assez habilement en dessous du tapis une foule de problèmes", a-t-il commenté, en point de presse, mardi soir, en marge d'une assemblée partisane, pour expliquer la remontée des libéraux de Jean Charest. Il s'est dit convaincu qu'à "la fin du printemps", les Québécois auraient un regard plus critique envers le gouvernement, en voyant que les problèmes ne se règlent pas.
M. Dumont a dit qu'il avait son plan de match pour la rentrée parlementaire du printemps et qu'il ne se laisserait pas distraire par les sondages.
Le chef adéquiste s'est aussi montré confiant de voir ses demandes budgétaires recevoir un accueil favorable du gouvernement, même si la semaine dernière la ministre des Finances a rejeté l'idée d'une allocation de 100 $ par enfant par semaine, réclamée par l'ADQ.
Il a fait cette remarque à la suite d'une rencontre "constructive" mardi matin entre son équipe et la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget. Selon lui, la porte n'est pas fermée.
¼cf0"Je suis convaincu qu'il y a une belle lumière au bout du tunnel", a soutenu de son côté M. Proulx, lors d'un court impromptu de presse à l'Assemblée nationale.
"Ce n'est pas vrai que ça ne va pas bien du tout. Ce que je vois dans les derniers événements, c'est que les choses ne vont pas si mal que ça", a-t-il ajouté.
Du même souffle, le député de Trois-Rivières a nié catégoriquement la rumeur faisant état d'un climat de bisbille, sinon de zizanie, au sein du caucus adéquiste.
"Il n'y a qu'une équipe de changement au Québec et c'est l'ADQ. Oui, elle se fait bardasser de temps en temps. Que nos députés et moi-même trouvons cela difficile, c'est une chose, mais personne n'a perdu le feu sacré", a-t-il insisté.
Mené du 14 au 24 février dernier auprès de 1000 répondants, le plus récent sondage CROP révèle une dégringolade de dix points de l'ADQ comparativement à son score de l'élection du 26 mars 2007.
Si un scrutin général avait été tenu la semaine dernière, les libéraux auraient obtenu 35 pour cent des suffrages, contre 32 pour cent pour les péquistes et 21 pour cent pour l'Action démocratique du Québec.
En vertu de ce scénario, le nouveau gouvernement du Québec aurait été encore une fois minoritaire, dirigé ou bien par le Parti libéral ou bien par le Parti québécois.
Après avoir flirté avec le pouvoir, l'ADQ se retrouve aujourd'hui à la case départ, en troisième position.
"Vous savez, lorsqu'on a entrepris la dernière campagne électorale, nous étions à peu près à ce niveau dans les sondages", a fait remarquer M. Proulx, persuadé que ce sondage ne reflète pas la réalité.
"C'est une vieille photo de famille, a-t-il analysé. Les événements des derniers jours, des dernières semaines, démontrent que le discours que l'on tient depuis des années est le bon."
Les débats actuels sur la santé, les commission scolaires et le rôle de l'Etat illustrent combien les préoccupations de l'ADQ sont au diapason avec celles de la population, pense le député de Trois-Rivières.
"Notre discours trouve des échos dans la population et cela augure bien", a-t-il dit.
Pour la toute première fois depuis l'élection de 2007, le PLQ se retrouve quant à lui en tête des intentions de vote. Mieux encore, 32 pour cent des répondants estiment que le chef libéral Jean Charest incarne le "meilleur premier ministre du Québec", doublant tout juste Pauline Marois et loin devant Mario Dumont.
"Les gens commencent à voir le premier ministre tel que je le vois", s'est réjoui le ministre du Développement économique, Raymond Bachand.
"Depuis l'élection, les choses vont mieux pour nous", a-t-il poursuivi, sans élaborer davantage.
Du côté du Parti québécois, la chef Pauline Marois n'a pas voulu commenter la perspective qu'elle se retrouve à la tête d'un gouvernement minoritaire.
"Vous savez, je ne commente pas les sondages", a-t-elle dit, tout sourire, peu après s'être adressée aux invités de la Chambre de commerce de Saint-Jérôme, dans les Laurentides.