Alors que le pays pourrait poursuivre sa mission jusqu'en 2011, la situation pourrait se détériorer.
Selon le ministre Greg Thompson en entrevue à La Presse Canadienne, la vague de désordres psychiatriques parmi les hommes et les femmes relativement jeunes devient l'un des plus gros défis auxquels fait face le système d'aide aux vétérans, autrefois orienté vers des problématiques gériatriques.
Parmi les 10 252 vétérans qui souffrent de problèmes psychiatriques, 63 pour cent seraient atteints du syndrome de stress post-traumatique (TSPT).
"Au cours des cinq dernières années, le nombre de clients souffrant de problèmes psychiatriques a triplé, passant de 3501 à 10 252, alors que ceux touchés par le syndrome de stress post-traumatique a plus que triplé, grimpant de 102 à 6504 en date du 31 mars dernier", affirme le ministre.
Ces statistiques font état de la condition de ceux qui ne servent plus dans l'armée canadienne, le ministère de la Défense établissant ses propres statistiques séparément.
Les chiffres obtenus par La Presse Canadienne l'été dernier démontraient que sur 1300 soldats canadiens ayant servi dans les Forces armées en Afghanistan depuis 2005, 28 pour cent avaient des symptômes liés à au moins un type de maladie mentale. ou plus. Parmi ceux-là, six pour cent auraient possiblement souffert du TSPT, et cinq pour cent, d'une dépression majeure.
Les symptômes du stress post-traumatique sont les cauchemars, les flashbacks, les souvenirs accaparants, les troubles du sommeil, la colère et l'abus d'alcool et de drogues.
Mardi, le comité de la défense aux Communes a voté pour la tenue d'audiences sur l'impact du TSPT dans l'armée, mais elles auront lieu derrière des portes closes, à la demande des députés conservateurs.
Dans leur budget de 2007, les conservateurs avaient injecté 9 millions de dollars destinés à ouvrir cinq cliniques pour les vétérans souffrant de stress post-traumatique à travers le pays. Elles s'ajoutent au cinq cliniques déjà existantes, qui sont apparues à la fin des années 1990.
Selon le porte-parole néo-démocrate en matière de défense, Dawn Black, les mesures prises jusqu'à présent n'ont pas été concluantes.
"Lorsque que l'on parle de soutenir nos troupes, l'aide mentale et l'aide sociale dont elles ont besoin ne sont clairement pas là", estime-t-elle.
Selon le ministre Thompson, plusieurs types d'interventions précoces sont tentées, mais il est ardu de briser la barrière émotionnelle que dressent une majorité de soldats.
"Plusieurs d'entre eux souffrent en silence", explique M. Thomson.
Il existe par ailleurs une pénurie de psychiatres et de personnel compétent formé sur la maladie mentale à l'intérieur de l'armée, une situation soulevée par la vérificatrice générale à l'automne dernier.
"Les militaires sont ainsi référés à des praticiens civils privés, qui ont du mal à répondre à leur besoin", avait expliqué Sheila Fraser en octobre dernier.
L'armée espère doubler le nombre de personnel formé en maladies mentales d'ici 2009, passant de 229 à 447, une opération estimée à 98 millions de dollars.