Ainsi, un an seulement après sa mise en application en grandes pompes, le programme écoAUTO, qui encourageait les Canadiens à acheter des véhicules écoénergétiques en leur consentant des rabais pouvant aller jusqu'à 2000 $, a été mis de côté par le ministre des Finances, Jim Flaherty, une grande déception pour les groupes écologistes.
Le programme initial, d'une durée de deux ans, ne sera pas renouvelé et les modèles 2008 seront les derniers admissibles pour ces rabais.
"Ce n'est pas un budget écologique", a adéclaré Andrew Van Iterson, de la Coalition du budget vert, un regroupement d'organismes environnementaux. "Ils ont raté une belle occasion de faire du Canada un leader mondial en environnement. Les Canadiens veulent être des leaders. Le gouvernement ne leur emboîte pas le pas."
M. Van Iterson prétend que ce budget est tout en contraste avec celui présenté par le gouvernement de la Colombie-Britannique la semaine dernière, qui comprend, entre autres mesures, une taxe sur les émissions de carbone.
Les mots "changements climatiques" ne font peut-être pas partie du budget du ministre Flaherty, mais il a tout de même affecté des centaines de millions de dollars pour des initiatives écologiques, dont:
-500 millions $ pour le transport en commun à être distribués parmi les provinces et les territoires au pro rata de leur population;
-250 millions $ destinés à mousser les recherches sur les véhicules écoénergétiques;
-240 millions $ pour aider la Saskatchewan à instaurer un système de captage de CO2 pour ses centrales au charbon.
Une semaine après l'introduction d'une taxe sur les émissions de carbone par la Colombie-Britannique, il est maintenant clair que le gouvernement fédéral laisse le soin aux provinces d'établir le prix à payer en matière de pollution.
Des économistes environnementaux respectés, comme Marc Jaccard, de l'Université Simon Fraser, prétendent que la façon la plus efficace de diminuer les émissions de gaz à effet de serre est de taxer les émissions de carbone. Les grandes entreprises, représentées par le Conseil canadien des chefs d'entreprise, a même appuyé cette initiative.
Mais le gouvernement rejette les allégations de M. Jaccard et prétend qu'une taxe sur les émissions du carbone n'aurait qu'un impact microscopique sur l'économie.